Après l’article de Lucille Achard publié la semaine dernière sur le thème « UX – 5 éléments pour la construire », nous entamons avec le début de l’été une série d’articles consacrés à l’UX et les bonnes pratiques employées dans la conception d’applications.

Un feuilleton en 4 épisodes co-écrit par Lucille Achard et Jean Hamant que vous retrouverez  jusqu’au 14 septembre et qui abordera plusieurs thématiques : la nécessité d’avoir une vision globale, de pouvoir connecter les objectifs, d’avoir moins de réunions mais des réunions plus pertinentes !

 

# Episode 1 – Avoir une vision globale

 

TL;DR (Trop long, pas lu !)

Les détails d’un projet sont clairement importants. Mais se focaliser trop sur les détails peut aboutir à une expérience utilisateur trop décousue et inconsistante au fil du temps.

Afin de garder le projet sur la bonne voie, il est nécessaire d’avoir une vision partagée de l’avenir du projet.

horloge

L’ancêtre de l’Apple Watch

Pensez à une horloge. Son mécanisme millimétré représente les détails de votre produit alors que l’objet, dont la fonction est de mesurer le temps, incarne la vision globale. Tous ces engrenages doivent convenir entre eux afin de faire marcher le tic-tac caractéristique de l’horloge.

 

L’atelier « REMEMBER THE FUTURE »

Une des pratiques employées dans les innovation games popularisés en 2006 par Luke Hohmann se nomme « Remember the future ». Durant cet atelier, les clients parties prenantes du projet sont appelées à imaginer ce que l’expérience de l’utilisation du produit sera dans une date future – une fois l’application terminée et adoptée par ses utilisateurs.

1- Distribuez à chacun de vos clients quelques morceaux de papier.

2- Demandez-leur d’imaginer qu’ils sont dans le futur, à une date plus ou moins éloignée du présent et qu’ils ont presque continuellement utilisé votre produit entre aujourd’hui et cette date future – ce pourrait être une semaine, ou un mois, voire cinq ans – choisissez un laps de temps approprié pour votre produit.

3- Maintenant, demandez-leur d’aller encore plus loin – un jour après, une semaine ou un mois.

4- Enfin, demandez à votre client d’écrire, avec autant de détails que possible, exactement ce que votre produit aura fait pour les rendre heureux – ou plus riches, ou plus productifs ou plus en sécurité ou plus intelligents ; choisissez l’ensemble des adjectifs qui fonctionnent le mieux pour votre produit.

Il est temps de sortir la Delorean !

Il est temps de sortir la Delorean !

NB : La formulation de la question est extrêmement importante. Vous obtiendrez des résultats différents si vous demandez « Qu’est-ce que le système doit faire ? » au lieu de « Qu’est-ce que le système a fait ». Si vous êtes sceptique, essayez !

Pourquoi cet atelier ?

1- Des descriptions plus fournies

Ce jeu est basé sur de nombreuses études en psychologie cognitive qui ont examiné la façon dont nous pensons à l’avenir. Lorsque nous posons la question « Qu’est-ce que notre produit devrait faire ? », on ne nous donne pas un cadre de référence pour la comparaison.

Lorsque nous posons la question « Qu’est-ce que nos produits ont fait ? », nous générons des descriptions plus longues, plus fantaisistes, riches en détails, sensibles, car il est plus facile de comprendre et de décrire un événement futur du passé qu’un événement futur possible, même si n’a pas eu lieu.

2- Une vision globale plus claire

Cette approche a d’autres avantages importants. En pensant à un événement futur comme quelque chose qui a déjà eu lieu, il est plus simple d’imaginer une suite d’événements aboutissant au résultat final – on s’est tous imaginés un jour notre speech parfait si l’on remportait un oscar !

Si vous demandez « Qu’est-ce que notre produit devrait faire ? », vous vous demandez non seulement ce que le produit va faire, mais comment le produit pourrait éventuellement le faire. Si, au contraire, vous demandez : « Qu’est-ce que notre produit a fait ? », non seulement vous avez une idée plus concrète de ce que le produit a fait, mais vous pouvez également commencer à répondre à la question « Comment le produit l’a fait ? ».

Penser à un futur produit comme déjà complété nous permet de prendre des décisions plus efficaces en réduisant l’ensemble des résultats possibles qui doivent être considérés avant qu’un plan approprié ne soit choisi.

Ayez ce but en tête tout en travaillant sur vos tâches quotidiennes. Documentez les buts à court terme et à long terme en amont du projet, et révisez-les chaque jour ou chaque semaine pour que votre équipe les garde en tête.

 

Je vous laisse avec ce proverbe chinois, à méditer… 🙂

« Un jour en vaut trois pour qui fait chaque chose en son temps. »

 

Lucille Achard & Jean Hamant

 

Retrouvez l’ # Episode 2 – Connecter les objectifs le 22 juillet