Quand l’UX se focalise sur la conception centrée utilisateur, le SCRUM offre une méthodologie pour la bonne réalisation de projet. On lui donne aussi le nom de SCRUX.

Mais comment faire pour que ces deux univers cohabitent ensemble ?

Voici ci-dessous notre retour d’expérience avec une liste des « bonnes pratiques » à mettre en œuvre.

Phase de lancement (sprint 0 pour les agilistes)

La collaboration joue un rôle essentiel dans cette phase et ceci tout au long du projet. En phase de lancement, il s’agit d’étudier, de partager et de définir une approche claire avec l’ensemble des parties prenantes du projet (décideurs, équipe projet et futurs utilisateurs).

Rassembler l’ensemble de ces parties va permettre d’assurer une vision exhaustive du produit, formalisée en « backlog » et priorisé selon différentes valeurs :

  • valeurs business (objectifs, indicateurs de succès, jalons, impacts)
  • valeurs techniques (architecture, coûts de développement, réalisation)
  • valeurs utilisateurs (profils, attentes, frustrations, ressentis).

La réussite d’un projet va donc dépendre de l’histoire que l’on veut raconter et de la collaboration entre les parties prenantes et les utilisateurs ;  tout est une  question d’échange.

Pendant les itérations agiles

1- L’équipe Design doit intervenir avec un « sprint » d’avance

Des « sprints » UX/UI viennent s’ajouter en parallèle de ceux des développeurs. Pendant que les développements du sprint N sont en cours, les UX/UI préparent le sprint N+1.

2- Le sprint se focalise sur une « feature »

Une « feature » rassemble plusieurs « user stories » permettant d’apporter de la valeur à l’utilisateur ou au business : c’est une caractéristique de l’application qui peut être divisée en plusieurs fonctionnalités ou tâches à réaliser par l’utilisateur. L’ensemble des « features » représente une vision simplifiée du « backlog » du produit.

Il est essentiel de travailler par feature pour assurer une cohérence sur la conception : ce sont elles qu’il faut prioriser avant le début des itérations. Les ateliers UX seront ainsi plus pertinents et aucun participant ne se sentira à l’écart des réflexions puisqu’ils seront tous concernés par le même sujet.

3- Enrichir les rituels SCRUM

Pas de révolution ici, il faut seulement enrichir les rituels du SCRUM classique :

  • Inclure l’UX Designer dans le « sprint planning » pour identifier les features à travailler
  • Organiser un atelier design par « sprint » pour construire le squelette, le prototype et tester les scénarios d’usage.
  • Participer au « daily » stand up meeting pour que les membres de l’équipes puissent partager ce qu’ils ont fait, ce qu’ils vont faire et leurs points de blocage. Les développeurs commencent alors leurs sprints avec les résultats des concepteurs.
  • S’intégrer au « sprint » de restitution (« review ») pour partager les propositions à toute l’équipe afin de valider ou d’effectuer un mini-pivot (légères évolutions qui ne retardent pas les prochaines itérations). Les développeurs commencent alors leurs « sprints » avec les résultats des concepteurs.
  • Faire une rétrospective pour faire le point tous ensemble (SCRUM, UX, UI, Dev) afin d’améliorer les prochains « sprints », apprendre de nos erreurs et grandir.

4- Réutiliser des composants

Un composant peut concerner une ou plusieurs « users stories ». Les premiers « sprint UX » vont permettre de converger sur des solutions design et des composants réutilisables. C’est un gain de temps considérable, autant pour les UX / UI designers que pour les développeurs.

5- Renforcer la vision des utilisateurs

Le renfort de la vision utilisateur pendant la phase d’itération peut être aussi simple que complexe : tout dépend de sa définition en amont.

Cas 1 – En phase de lancement, la vision produit est claire.

Les UX connaissent parfaitement leurs utilisateurs, leurs façons de penser et leurs points de frustrations. Ils n’auront alors aucun mal pour répondre aux questions des développeurs parce que les hypothèses auront été validées en amont. L’enjeux pendant les sprints consistera donc à maintenir et défendre la vision des utilisateurs auprès des commanditaires.

Cas 2 – En phase de lancement, la vision produit n’a peu ou pas été défini.

La valeur business et/ou technique a pris le dessus. Dans ce cas, les UX doivent se rapprocher des utilisateurs pour comprendre leur ressenti sur le produit. Un atelier réunissant les commanditaires devra aussi permettre de :

  • Comprendre et clarifier la vision des commanditaires
  • Porter la vision des utilisateurs à partir des recherches menées
  • Convaincre que l’approche UX constituent une source d’opportunités considérable pour la suite du projet.

Une fois cette passerelle créée, la vision utilisateur prend de la valeur pour venir se mêler à celle du business et de la technique.

L’UX et l’agile : entre partage et collaboration

Au début et pendant les « sprints », il faut rester à l’écoute des utilisateurs car ce sont eux qui décident de l’avenir du produit. Partager les points de vue et collaborer dans la recherche de solution seront les meilleurs moyens pour construire un produit cohérent et visionnaire.

Ces retours d’expériences seront enrichis au fil de l’eau. Et comme en UX on adore les dessins, voici une illustration de la rencontre entre un monde agile et des utilisateurs.

Pour aller plus loin :

https://blog.talanlabs.com/cat/methodologie/ux/

http://www.agiliste.fr/guide-de-demarrage-scrum